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juil 05

Une enfance niée

C’est comme un trait sur la vie pour de nombreux enfants vivant à Kinshasa. Pour faire face à cette tragédie humaine, une équipe de bénévoles se mobilisent en France, depuis 2009, pour que ces enfants ne soient plus oubliés.

Niés, bafoués, martyrisés, ils n’ont actuellement pas d’autre alternative que de voler, se prostituer ou tuer afin de survivre. Loin des êtres ordinaires qui travaillent, se marient et ont des enfants, leur vie s’est arrêtée là où elle aurait dû commencer. Ces “orphelins” de parents vivants sont âgés de 4 à 18 ans. Leur seul objectif est de vivre le lendemain par tous les moyens. Des prédateurs en profitent. Ils trouvent là des êtres vulnérables qui sont prêts à tout pour une bouchée de pain. La misère et la pauvreté ont jeté ces enfants à la rue et leur nombre ne cesse d’être en progression.

Des enfants en bas âge commencent leur vie en apprenant les bases de la survie en milieu hostile. Ils n’ont évidement pas choisi de naître et de vivre ici. Leur univers n’est pas paisible. La nuit devient dangereuse. Elle ne sert plus à se reposer. On ne dort que très peu. On se méfie de tout. Les filles absorbent des doses importantes de somnifère afin de ne pas être conscientes des viols répétés sur elles durant la nuit.

Ce n’est pas nouveau et partout dans le monde l’histoire se répète depuis bien trop longtemps. Leur sort n’intéresse que peu de gens. En effet, qu’a-t-on à tirer comme bénéfice d’une aide qui ne rapportera rien. Localement, des éducateurs tentent, avec de faibles moyens, de soustraire les plus vulnérables à cet enfer. Les réussites sont peu nombreuses et, souvent, on retrouve l’enfant dans la rue après l’avoir cru sauvé. Il est repris par ceux qui en tirent un avantage et menacé de représailles s’il tente d’échapper à l’esclavage.

En France, une équipe de volontaires s’est organisé pour fonder une association qui porte le nom de BOLAMU (Bonheur en Lingala). Le soleil du logo symbolise le soutien et l’attachement que l’association porte aux Enfants de la rue. Un partenariat entre une ONG locale, Aide à l’Enfance Défavorisée (A.E.D.) et BOLAMU a vu le jour fin 2009. Depuis, des marchandises diverses (matériels informatique et audiovisuel, livres scolaires, jeux éducatifs, vêtements…) ont été envoyées à l’A.E.D. par transport maritime. Une bibliothèque voit le jour, un dispensaire est à réhabiliter. Au sein du partenariat entre l’A.E.D. et BOLAMU, l’accent est mis sur la remise à niveau scolaire des enfants et le transfert de savoir-faire pour les jeunes adolescents. Un projet de mise en place d’un centre de formation professionnelle dédié aux métiers de l’informatique est en cours. Au fil du temps, la chaîne de solidarité développée par BOLAMU s’étendra à d’autres pays dans le monde. Pour plus d’infos, contacter BOLAMU – 68 rue de Tolbiac – 75013 PARIS – bolamu@dbmail.com