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Les enfants des rues à Kinshasa

La  situation spécifique des enfants des rues à Kinshasa a comme soubassement les difficultés économiques, les conflits, l’urbanisme anarchique qui entraîne aussi un effritement des valeurs traditionnelles, la famille et l’école qui sont les remparts de sécurité habituels pour les enfants. L’affaiblissement de la solidarité clanique légendaire congolaise a laissé la responsabilité des enfants aux seuls parents géniteurs. Le phénomène de la déscolarisation pour sa part touche près de 75% des jeunes de la ville. Dans certaines familles, les enfants sont marginalisés, lentement refoulés vers la rue où ils y travaillent afin de subvenir à leurs besoins.

Le dénombrement des enfants des rues n’est pas aisé du fait de leur mobilité. Les  résultats d’un recensement effectué en octobre 2006 par le REEJER financé par l’UNICEF révèlent que 18098 personnes vivent dans les rues de Kinshasa dont 13877 enfants parmi lesquels l’on compte 3657 filles et 10220 garçons. De ce nombre l’on compte 4590 enfants dans les 4 communes (Gombe, Barumbu, Lingwala, Kinshasa) couvertes par le centre PEKABO.

Les enfants de la rue à Kinshasa sont les plus souvent désignés sous le terme de « Phaseurs », de « Shégués ». Ils souffrent d’une très grande stigmatisation au sein de la société. En général, de l’opinion de la population, les enfants de la rue sont des enfants abandonnés ou sorciers, la perception de la société sur cette population est généralement négative. Peu d’acteurs s’aventurent à les soutenir.

De même, la situation sanitaire des enfants de la rue est dramatique et constitue un problème de santé publique.